Fantasmer la perte d’autorité / Fantasizing About the Loss of Control / Fantasieren Über Den Kontrollverlust @ Goethe Institut

Ce texte – écrit sur l’invitation du Goethe Institut – porte sur l’intelligence artificielle en art à travers la pratique d’artiste canadiens : Ben Bogart, Xuan Ye, Véronique Béland, Adam Basanta et Grégory Chatonsky.

Extrait :

« L’art peut-il être à la fois artificiel ET intelligent ? » est une question qui déplie un paradoxe : l’hypothétique (selon certains) ou éventuelle (selon d’autres) intelligence du non vivant. L’intelligence, telle que nous l’entendons couramment, est une faculté active du biologiquement vivant et dont la mécanique nous échappe partiellement.

Rassemblant sous un même chapeau le rationnel comme l’émotionnel – la logique et la créativité, l’anticipation et la compréhension du passé, de même que la conscience de soi – l’intelligence humaine forme un tout complexe, irréductible à l’édification d’équations algorithmiques, du moins pour le moment. Hypothétique ou éventuelle, l’intelligence du non-vivant est néanmoins mise en cause : elle fait l’objet de constantes recherches. Le non-vivant, c’est essentiellement de l’inanimé : du matériau, de l’objet, du construit et du détruit – du code ? Pur produit informatique, l’information qu’est le code est en perpétuel transit d’un point A vers un point B vers un point C ou Z. Et bien qu’on ne puisse dire qu’il soit en vie, il n’est pas non plus tout à fait inerte au sens d’une matière X. C’est un objet de communication, artificiel, sans potentiel intrinsèque d’évolution. On sait pourtant aujourd’hui qu’il est possible de « nourrir » du code afin de l’autonomiser, de le croiser avec la neurobiologie computationnelle et la logique mathématique afin de programmer des machines qui vont imiter le vivant. On peut, avec le code, programmer le code pour le libérer de son propre programme : ce Golem numérique est-il intelligent pour autant ?

Texte complet >

This text – written on the Goethe Institut invitation – is about the artificial intelligence in art through the art practice of Canadian artists: Ben Bogart, Xuan Ye, Véronique Béland, Adam Basanta et Grégory Chatonsky.

Excerpt:

“Can art be artificial and intelligent at the same time?”, is a question that unfolds a paradox: the hypothetical (according to some) or potential (according to others) intelligence of the non-living. Intelligence, the way we currently understand it, is a faculty of the biological life whose mechanism remains partially elusive to us.

 It gathers under the same hat the rational as well as the emotional – logic and creativity, anticipation and understanding of the past, along with self-consciousness. The human intelligence forms a complex whole that cannot be reduced to the development of algorithmic equations, at least not for the moment. Whether it is viewed as hypothetical or potential, the intelligence of the non-living is being questioned, and it is the subject of ongoing research. The non-living is essentially the unanimated such as materials, objects, things that have been built and destroyed – code? As a purely informatic product, the information that code represents is in perpetual transit from a point A to a point B to a point C or Z. And while you cannot say that it is alive, it is also not completely inert in the sense of any given material. It is an object of communication, artificial, without intrinsic evolutionary potential. However, we know today that it is possible to “nourish” code in order to make it autonomous, to cross it with computational neurobiology and mathematical logic to program machines that will imitate living beings. With code, you can program code to liberate it from its own program. Is this digital Golem really that intelligent?

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Version allemande / German version >

Image : Franck V. @ unsplash.com

 

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