The Dead Web – La Fin (19 janvier – 15 février 2017) @ Eastern Bloc / Grégory Chatonsky & Dominique Sirois, Julien Boily, Julie Tremble, Projet EVA (Simon Laroche & Etienne Grenier), Frédérique Laliberté

[Image : Memento Vastum (2012), Julien Boily / Huile sur panneau marouflé – détail]

GRÉGORY CHATONSKY & DOMINIQUE SIROIS / JULIEN BOILY / JULIE TREMBLE / PROJET EVA (SIMON LAROCHE & ETIENNE GRENIER) / FRÉDÉRIQUE LALIBERTÉ

« La fin d’Internet serait-elle pour bientôt ? »

C’est avec cette question et une exposition portant sur l’éventualité d’un effondrement du Web qu’Eastern Bloc a débuté l’année 2017. Rassemblant cinq œuvres, cette exposition, qui avait lieu du 19 janvier au 15 février, proposait d’engager le public dans une réflexion sur une forme d’après-monde du web.

Tout a commencé en mai 2015, lorsque j’ai lu sur lemonde.fr un article qui postulait la possibilité d’un effondrement du World Wide Web. Bien que cet évènement soit hautement hypothétique, plusieurs articles ont été écrits sur le sujet, en réaction à un symposium scientifique organisé par la Royal Society sur la ‘Capacity Crunch’ (crise de capacité) d’Internet.

Dans un contexte où le réseau pourrait s’effondrer avant même la fin de son « adulescence » – en 2023, le Web tel que nous le connaissons aura à peine plus de 25 ans –, on peut tenter de figurer la chute et une forme d’après-monde du Web : Carcasses vides de serveurs et mers de déchets électroniques ? Néant numérique des écrans ? Machines imitant le Web ? Internet artisanal ?

Quelle forme l’expression, à la fois dématérialisée et délocalisée, du pouvoir – économique assurément et par défaut politique – prendrait-elle si la machine se trouvait débranchée ? Mais aussi, qu’est-il possible de faire ou de dire en attendant ? Comment occupe-t-on – ou pas – un temps et un espace dit de sursis ? Un espace temps désormais partagé entre les réalités numériques et physiques.

Dans le sillage de ces réflexions, j’ai souhaité rassembler des propositions artistiques qui rencontrent une résonance autour de tels questionnements.

[Nathalie Bachand, commissaire]

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« Will the Internet end soon? »

It is with this question that Eastern Bloc started 2017 with an exhibition on the eventuality of the collapse of the Web. With five works, this exhibition, which took place from January 19th to February 15th, proposed to engage the public in a reflection on a sort of “web after-world.”

It all began in May 2015, when I read an article in lemonde.fr that spoke of the possibility of a collapse of the World Wide Web. Although this event is largely hypothetical, several articles have been written on the subject, in response to a scientific symposium, which was organized by the Royal Society on the Internet Capacity Crunch.

In a context where the network could collapse even before the end of its “adultescence” – in 2023, the Web as we know it will barely be more than 25 years old – we can try to conceive of the fall of the Web and its after-life: Empty server carcasses and seas of electronic waste? A digital void of screens? Machines imitating the Web? A hand-crafted Internet?

How will power structures, at once dematerialized and delocalized, manifest themselves on economic and political levels if the network is disconnected? But also, what is it possible to do or say in the meantime? How does one occupy – or not – a time and space now shared between digital and physical realities.

In the wake of these reflections, I wanted to gather artistic proposals that echo these considerations.

[Nathalie Bachand, curator]


Mémoires éteintes III, de Grégory Chatonsky & Dominique Sirois, est la troisième itération d’un projet d’installation qui suggère la fin – et surtout la découverte, au sens archéologique du terme –, d’un monde tel que nous l’avons connu via l’exhumation de serveurs Internet encore lisibles. Comme le mentionnent les artistes : « Dans quelques milliers d’années lorsque l’espèce humaine se sera éteinte, quelque chose creusera le sol de la Terre et trouvera une ferme de serveurs. Par miracle, elle aura accès au contenu de ces disques durs et découvrira les traces de notre monde.  Nous vivons à l’heure de l’hypermnésie, cette accumulation de mémoires où nous n’arrivons pas à discriminer l’essentiel du futile. Paradoxalement, nous sommes affligés d’une hyper fragilité de cette mémoire, ce qui fait que nous déléguons aux technologies la responsabilité de la conservation. Pourtant, qui n’a pas déjà perdu tout le contenu de son disque dur, et surtout qui n’a pas vécu cette perte comme une catastrophe ? Plongés dans la fouille, la mise à nue partielle des objets, mais aussi interpelés par les images véhiculées sur de petits écrans, plusieurs questions se posent : pouvons-nous envisager notre propre extinction en tant que race humaine ? Quel est le rôle réel d’Internet dans notre culture ? Quels artéfacts laisserons-nous enfouis dans les ruines pour les archéologues du futur ? »

Né à Paris en 1971, Grégory Chatonsky fonde en 1994 Incident.net, l’une des premières plates-formes de netart, et développe pendant ces premières années des fictions variables qui entrelacent les affects et les technologies en détournant des flux provenant du réseau. Rapidement Internet devient le médium principal de son activité, comme support de diffusion et comme source d’inspiration qu’il traduit après sur d’autres supports, que ceux-ci soient numériques ou analogique.

Le travail de Dominique Sirois, dont la pratique prend la forme d’installations composées de sculptures, de vidéos, de sons et d’impressions d’images, touche à trois champs d’intérêt : la valeur et la surveillance, l’économie et les affects ainsi que les ruines et l’obsolescence. Ses projets ont été diffusés dans de nombreux centres d’artistes au Canada. 

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Extinct Memories III, by Grégory Chatonsky & Dominique Sirois, is the third iteration of an installation project that suggests the end – and especially the discovery, in the archaeological sense – of a world as we have known it through the exhumation of Internet servers that are still readable. As the artists mentions: « In a few thousand years when the human species will be extinct, something will dig the soil of the Earth and find a server farm. By miracle, it will have access to the contents of these hard drives and will discover the traces of our world. We live in a time of hypermnesia, this accumulation of memories where we fail to discriminate the most futile of experiences. Paradoxically, we are afflicted with a hyper fragility of this memory, so that we delegate responsibility of conservation to technology. Yet who has not already lost all the contents of their hard drive, and especially who has not experienced this loss as a disaster? Immersed in the excavation, the partial uncovering of objects, but also questioned by the images conveyed on small screens, several questions arise: Can we consider our own extinction as a human race? What is the real role of the Internet in our culture? What artefacts will we leave buried in the ruins for archaeologists of the future?”

Born in Paris in 1971, Grégory Chatonsky founded Incident.net in 1994, one of the first platforms for net art, and during its first years developed variable fictions by diverting data flow from the network. Quickly the Internet has become the main medium of his work, for dissemination and as a source of inspiration, which he translates later on into digital or analog works.

The work of Dominique Sirois, whose practice takes the form of installations composed of sculptures, videos, sounds, and images, touches on three fields of interest: value and surveillance, the economy and its affects, as well as ruins and obsolescence. Her work has been shown at various artist centers in Canada.

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Mémoires éteintes IIIExtinct Memories III (2017), Grégory Chatonsky & Dominique Sirois.

Photos – 1 à 4 et 6-7 : Dominique Sirois / 5 : J. Guzzo Desforges.


Le tableau Memento Vastum de Julien Boily – une huile sur panneau marouflé – nous parle d’une mémoire perdue. Vastum (déchet en latin) renvoie à la notion de perte, à ce qui est laissé derrière au profit d’une certaine idée du progrès. Une tension tradition/progrès alimente cette idée de perte multiforme dans le travail de Boily. Perte de savoir-faire, pictural certainement, mais aussi de connaissances anciennes aussitôt remplacées par de nouvelles – souvent sous forme d’information ou même de données. C’est une dynamique récursive qui s’accélère constamment : avec l’arrivée de la nouveauté, ce qui a précédé tend à être évacué. Cette notion de vestige croise ici celles d’obsolescence programmée et de vanité. Si au 17e siècle le miroir était un élément récurrent dans la composition des vanités – ces natures mortes évoquant le caractère éphémère de l’humanité – aujourd’hui nos dispositifs électroniques et outils informatiques pourraient remplir la même fonction. Parmi ces objets qui nous renvoient le reflet de nos désirs, de nos peurs et de notre vanité, Internet n’est-il pas comme un miroir sans tain ?

Inspiré par le travail des anciens maîtres de l’âge d’or de la peinture (XVIIe siècle), Julien Boily détourne les codes picturaux de cette époque pour représenter des scènes contemporaines. Il abandonne ainsi, toute quête d’invention formelle et utilise ce médium pour ces fonctions initiales de représentation du réel. La peinture participe alors à l’œuvre en tant qu’élément sémantique en soi au même titre que ce qui est représenté dans ses tableaux. 

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The painting Memento Vastum by Julien Boily – an oil on board – tells us of a lost memory. Vastum (“waste” in Latin) refers to the notion of loss, to what is left behind in favor of a certain idea of progress. The tension between tradition and progress fuels this idea of multifaceted loss in the work of Boily. Loss of know-how, artistic certainly, but also of traditional knowledge immediately replaced by new – often in the form of information or even data. It is a recursive dynamic that is constantly accelerating. With the arrival of novelty, what preceded tends to be evacuated. This notion of vestige crosses, in the work, those of programmed obsolescence and vanity. If in the 17th century the mirror was a recurring element in the composition of vanities – these still lifes evoking the ephemeral character of humanity – today, our electronic devices and computer tools could fulfill the same function. Among these objects that send us the reflection of our desires, our fears and our vanity, is not the Internet like a two-way mirror?

Inspired by the work of the Golden Age master painters (17th Century), Julien Boily alters the pictorial codes of this period to represent contemporary scenes. He abandons any quest for formal invention and uses this medium for its initial function of representing the real. The painting then participates in the work as a semantic element of itself in addition to what is represented in his paintings.

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Memento Vastum (2012), Julien Boily.

Photo : Julien Boily.


BPM 37093, de Julie Tremble, est une courte animation 3D qui « raconte » – fiction ou réalité, l’incertitude ici est volontaire – la mort d’une étoile et la lente transformation de sa matérialité : Comme le mentionne l’artiste, « BPM 37093 est une étoile qui était très similaire au soleil et qui est aujourd’hui morte. Des scientifiques ont découverts qu’en mourant, l’étoile s’est presque entièrement transformée en diamant, comme le fera le soleil dans des milliards d’années. La vidéo est une représentation fantasmatique de ce phénomène scientifique, [et] la modélisation 3D, [un] outil privilégié par le documentaire et le cinéma pour traiter de phénomènes astronomiques. L’animation détourne cette technique perçue comme réaliste pour illustrer la manière dont notre compréhension de certains phénomènes naturels, dont la perception nous est inaccessible, repose sur des informations fragmentaires, des représentations et des associations hallucinées. » Cette représentation de la mort d’une étoile, symboliquement porteuse de celle (éventuelle) de l’univers (et accessoirement d’Internet) est aussi la naissance d’autre chose : ici un diamant. La temporalité hautement accélérée de cette mort d’étoile – 1:14 pour des millions d’années – ajoute une résonance à l’ensemble du projet d’exposition qui, questionnant le web, questionne aussi les notions de durée et d’instantanéité, ainsi que nos représentations du monde comme autant d’images de synthèse dont nous sommes en droit de nous méfier.

Nourri par le cinéma, les arts visuels, la littérature et la philosophie, le travail de Julie Tremble s’intéresse principalement au rôle que la narration joue dans notre expérience du monde. Au cours des dernières années, elle a exploré la figure de l’explosion à travers des fictions expérimentales et des animations numériques.

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BPM 37093, by Julie Tremble, is a short 3D animation that « relates » – whether fiction or reality, the uncertainty here is voluntary – the death of a star and the slow transformation of its materiality: As the artist describes, “BPM 37093 is a star, very similar to the sun, which is now dead. Scientists have discovered that by dying, the star has almost completely turned into a diamond, as the sun will do in billions of years. The video is a fantasmatic representation of this scientific phenomenon, [and the] 3D modeling, a tool favored by documentary cinema to deal with astronomical phenomena. The animation diverts this technique, perceived as realistic, to illustrate how our understanding of certain natural phenomena, whose perception is inaccessible to us, depends on fragmentary information, representations, and imagined associations.” This representation of the death of a star, symbolic of the (possible) death of the universe (and incidentally, that of the Internet) is also the birth of something else: here, a diamond. The highly accelerated temporality of this extinction of a star – 1:14 for millions of years – adds resonance to the whole exhibition project, which, putting into question the Web, also questions the notion of duration and instantaneity, as well as our representations of the world, those many synthetic images of which we are right to be wary.

Inspired by film, visual arts, literature, and philosophy, Julie Tremble‘s work focuses on the role that narration plays in our experience of the world. Over the past few years, she has explored the notion of explosion through experimental fictions and digital animations.

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BPM 37093 (2014), Julie Tremble.

Photos : Julie Tremble.


La désorganisation du monde par le capitalisme financier, délocalisé et volatile, a favorisé l’émergence d’Internet. Ce réseau est progressivement devenu la matrice à travers laquelle nos collectivités et nos individualités ont restructuré leurs échanges. La promesse d’un plus grand mouvement des idées, d’une liberté accrue, voire d’une nouvelle citoyenneté, se heurte finalement au pouvoir du capital et à la nature disloquée et entropique d’un tel agencement technologique.

L’Objet de l’Internet est une installation de Projet EVA (Simon Laroche et Etienne Grenier), évoquant l’idée d’un mausolée destiné à la fin du Web. Grâce à des procédés optiques et cinétiques intégré à un dispositif où le visiteur insère sa tête, le visage humain est décomposé en une multitudes de fragments. Les visiteurs sont projetés dans un futur dystopique où, sur les réseaux sociaux, ne demeureraient sous la forme d’une résonance que les traces de quelques égo-portraits encore artificiellement animés. Ces derniers, condamnés au statut de solipsismes stériles, s’agiteraient dans le vide sidéral de la fin d’Internet.

En épitaphe du monument-mausolée : “I have seen many people spill their guts on–line, and I did so myself until, at last, I began to see that I had commodified myself.” –Carmen Hermosillo, poète, blogueuse et pionnière de l’Internet social, 1994.

Formé de Simon Laroche et d’Etienne Grenier, tous deux artistes, concepteurs en médias interactifs et enseignants, Projet EVA est un collectif qui produit des installations et des performances en art numérique depuis 2003, et ce, à l’échelle internationale. Les œuvres de Projet EVA touchent les thèmes de la perte et de la restriction, et touchent aux champs de la robotique, de l’électronique, de la vidéo et de l’audio.

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The disorganization of the world by financial capitalism, uprooted and volatile, in part fostered the emergence of the Internet. This network has gradually become the matrix through which our communities and individualities have restructured their exchanges. The promise of a greater flow of ideas, increased freedom, and even new forms of citizenship, now comes up against the power of capital and the dislocated and entropic nature of such a technological arrangement.

The Object of the Internet is an installation by Projet EVA (Simon Laroche & Etienne Grenier), evoking the idea of a mausoleum conjuring the end of the Web. Through optical and kinetic processes integrated into a device in which the visitor inserts his head, the human face is broken down into a multitude of fragments. Visitors are projected into a dystopian future where, on social media, only the traces of our selfies, which are artificially animated, remain in the form of a reflection. The latter, condemned to the status of a sterile solipsism, agitates in a sidereal void of the end of the Internet.

The epitaph of the monument-mausoleum: “I have seen many people spill their guts on–line, and I did so myself until, at last, I began to see that I had commodified myself.” –Carmen Hermosillo, poet, blogger and pioneer of the social Internet, 1994.

Projet EVA, made up of Simon Laroche and Etienne Grenier (artists, interactive media designers, and teachers), is a collective that has been producing installations and performances in digital arts worldwide since 2003.  The works of Projet EVA are connected to themes of loss, restriction, and focus on issues related to relationships between individuals and computer systems and their physical extensions. The use of technological means in an attempt to deprogram perception is central to the works of Projet EVA. The work of Projet EVA encompasses the fields of robotics, electronics, video, and audio. 

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L’Objet de l’Internet / The Object of the Internet (2017), Projet EVA (Simon Laroche et Etienne Grenier).

Photos – 1, 2 et 4 : Projet EVA / 3 : Julien Berthier / 5 : J. Guzzo Desforges.


Infinitisme.com Forever A Prototype, de Frédérique Laliberté, est un projet web éternellement « en progrès », une machine à collage autonome qui génère des compositions virtuelles semi-aléatoires en allant chercher dans une banque de fichiers numériques catégorisés et classifiés : images, sons, gifs animés, vidéos, texte, etc. Le résultat de chaque visite est une série de constructions éphémères, basées à la fois sur la rigidité de l’archivistique et sur la désinvolture propre au hasard. Internet de fortune, sorte de mimesis de lui-même, ce site web ne peut que réutiliser et renouveler ce qui existe déjà, donnant une fonction à des centaines de giga octets de données latentes. Plus spécifiquement, le programme active une série de commandes qui choisissent des fichiers au hasard au sein de leurs catégories respectives. Il place ensuite ces éléments organisés dans le canevas virtuel de la page web, à l’intérieur de compartiments, de couches et de séquences bien définis. Sous forme d’installation, le projet se présente comme un environnement contextuel : une simulation assumée d’un dispositif fonctionnel. Sans cesse en développement dans l’espace-temps virtuel, cet univers parallèle est extirpé de son abstraction lorsque visité par un utilisateur web.

Frédérique Laliberté affectionne le collage, les bugs, la vidéo, le bricolage, la programmation, le hacking, l’écriture, la capture d’écran, le discours, Internet et la réutilisation. Elle mène une réflexion éthique et philosophique sur les phénomènes d’accumulation et sur l’idée d’utiliser ce qui existe déjà. La transfiguration est au cœur de sa démarche, elle lui permet de créer parallèlement à l’intention de ne rien produire.

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Infinitisme.com Forever A Prototype, by Frédérique Laliberté, is an eternally « progressive » web project, an autonomous collage machine that generates semi-random virtual compositions by searching in a bank of categorized and classified digital files: images, sounds, animated gifs, videos, text, etc. The result of each visit is a series of ephemeral constructions, based both on the rigidity of archival processes and on their  casualness. A makeshift Internet, a sort of mimesis of itself, this website can only reuse and renew that which already exists, giving a function to hundreds of giga bytes of latent data. More specifically, the program activates a series of commands that select random files within their respective categories. It then places these organized elements in the virtual canvas of the web page, within well-defined compartments, layers, and sequences. Taking the form of an installation, the project presents itself as a contextual environment: an simulation of a functional device. Incessantly evolving in a virtual space and time, this parallel universe is extirpated from its abstraction when visited by a web user.

Frédérique Laliberté is fond of collage, bugs, video, archival, arts & crafts, programming, jokes, hacking, writing, screenshots, speech, Internet, and reuse. She pursues an ethical and philosophical reflection about accumulation and the use of what already exists. Transfiguration is at the core of her practice, allowing her to create with the intention to produce nothing.

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Infinitisme.com Forever A Prototype (2015-), Frédérique Laliberté

Photos – 1 : J. guzzo Desforges / 2 : capture d’image.


Nathalie Bachand tient à remercier le Conseil des arts et des lettres du Québec pour son soutien au projet, ainsi que l’organisme Perte de Signal et les partenaires médias ESPACE Art actuel et ETC MEDIA.

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Nathalie Bachand would like to thank the Conseil des arts et des lettres du Québec for his project support, as well as the organization Perte de Signal and media partner ESPACE Art actuel and ETC MEDIA.


ARTICLES

« Artists Imagine Life After a Total Internet Collapse », The Creators Project, by DJ Pangburn.

« A Personalised Sprin Cycle – Project EVA’s Object of the Internet », Creative Applications Network, by Greg J. Smith.

« The Dead Web : un monde sans l’internet »,  Journal Métro, par Natalia Wysocka.

« La fin d’Internet est-elle pour bientôt ? », Revue Ex_situ, Juliette Marzano.

 

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